La Bible visée en Coran 2.2 ?



 

Facealislam s'est essayé à une petite leçon linguistique envers son "ami" musulman concernant Coran 2/2. D'après lui, ce n'est pas le Coran mais la "Torah et/ou l'Evangile" qui est mentionnée ici :

 


Le premier verset faisant allusion aux Ecritures est le verset numéro 2:

 

C'est le Livre (dhalika al-kitab) au sujet duquel il n'y a aucun doute, c'est un guide pour les pieux . Sourate 2:2

 

La mention "C'est le Livre" (dhalika al-kitab), au lieu de "Ceci est le Livre" (hadha al-kitab), signifie que le Coran fait référence à un autre Livre que lui même, qui doit être la Torah et/ou l'Evangile. Ceci est vue du fait, que l'emploie du terme "dhalika" indique que le Livre dont fait sujet la Sourate 2:2 est une entité en dehors du Coran. Toutes les fois que le Coran se cite en tant que Livre Divin, il emploie l'expression "ceci" ou "voici", jamais "dhalika".

 

Des musulmans ne retiennent pas cette interprétation et prétendent que la Sourate 2:2 fait référence au Coran, non à un autre livre. Un exemple est Ibn Kathir:

 

"C'est le le livre en lequel il y n'y aucun doute" a été interprété par certains comme la Torah et l'Evangile, ce qui est une élaboration fortement peu probable et inutile sur une question à laquelle ils ne connaissent rien. L'interprétation correcte est que ça se réfère au Coran. Tafsir Ibn Kathir

Intéressant, Ibn Kathir, enregistre que des musulmans ont cru que la Sourate 2:2 désigne la Torah et l'Evangile. Ensuite, Ibn Kathir balaye cette interprétation, en arguant que c'est une interprétation peu probable et affirme que ce passage se réfère au Coran.

 

Le problème avec l'exégèse d'Ibn Kathir, est qu'il ne donne aucune justification. Si des musulmans ont cru que ce passage se réfère à la Torah et/ou l'Evangile, c'est parce que c'est ce suggère l'emploie du terme dhalika, celui indiquant que le livre qu'il désigne, est un livre en dehors du Coran. Aussi, il faut expliquer pourquoi des musulmans ont cru ce passage se rapporte à la Bible, s'il était vrai que c'est une interprétation fortement peu probable.

 

La seule raison qui pousse Ibn Kathir à nier cette interprétation, est que celle-ci constitue un témoignage coranique que la Bible est authentique.

 

Seulement, il n'y a rien dans le contexte qui éliminerait que l'expression, "C'est le livre où sujet duquel il n'y a  aucun doute", se rapporte à la Torah et/ou à l'Evangile. L'allégation que ce passage ne se réfère pas à la Torah et/ou l'Evangile est issue d'une présupposition, à savoir que la Bible serait falsifiée. Mais si nous sommes libres de cette polarisation, la compréhension la plus normale basée sur l'utilisation grammaticale de "dhalika" est que celui-ci se rapporte à une entité en dehors du Coran. Dans ce cas "le Livre au sujet duquel il n'y a aucun doute", et qui ''est un guide pour les pieux" doit faire référence aux Ecritures juives et chrétiennes.


Source : http://facealislam.free.fr/reponse_mohammed1.html

 
 


Ainsi donc Facealislam affirme que le livre dont il est question dans la Sourate 2.2 n'est pas le Coran mais la Thora et/ou l'Evangile, et cela pour deux raisons :


 

1) Il n'est pas possible grammaticalement parlant qu'il s'agisse du Coran puisque le mot utilisé pour décrire le livre est "dhalika" qui est utilisé pour quelque chose de lointain, donc pas le Coran.


2) Ibn Kathîr rapporte que diverses personnes d'obédiences musulmanes ont dit que ce livre était la Thora et/ou l'Evangile, ce qui renforce cette interprétation. Ces musulmans étaient conscients du problème grammatical que cela entraînerait s'il s'agissait du Coran (et pour sa part, Ibn Kathîr ne rejetterait cette interprétation seulement parce que cela irait à l'encontre de sa conviction personnelle selon laquelle, "la Bible est falsifiée" sic). Voyons cela de plus près.



 

1) Il est faux de dire que le terme "dhalika" ne peut pas être utilisé pour désigner le Coran. Pour preuve, voici tout simplement un verset au sujet du Saint Coran où le terme "dhalika" est utilisé :



29.51
Ne leur suffit-il donc point que Nous ayons fait descendre sur toi le Livre et qu'il leur soit récité ? Il y a assurément là (dhalika) une miséricorde et un rappel pour des gens qui croient.


 

أَوَلَمْ يَكْفِهِمْ أَنَّا أَنزَلْنَا عَلَيْكَ الْكِتَابَ يُتْلَى عَلَيْهِمْ إِنَّ فِي ذَلِكَ لَرَحْمَةً وَذِكْرَى لِقَوْمٍ يُؤْمِنُونَ



Awa lam yakfihim anna anzalna AAalayka alkitaba yutla AAalayhim inna fee thalika larahmatan wathikra liqawmin yu/minoona



Le mot "dhalika" est utilisé au sujet du Coran, ce qui fait tomber à l'eau l'argument de Facealislam. Cependant certaines personnes pourront rétorquer que les mots "il y a assurément là" ne s'appliquent pas au Coran mais au fait que Dieu permette que le Coran nous soit récité. Mais cette compréhension est illogique et dénuée de sens puisque c'est le Coran qui est caractérisé comme un rappel (6.90; 7.2; 21.104; 20.3; 21.50; 36.69; 38.87; 41.41; 43.44; 81.27) et non le fait que Dieu permette sa récitation. D'ailleurs les exégètes s'accordent sur la signification évidente de ce verset :

 


Ibn Kathîr : "Il y a assurément là" = Il y a dans ce Coran miséricorde....et un rappel. Tafsîr ibn Kathîr sourate 29.51.



At-Tabarî : "Il y a assurément là" = Il y a dans ce livre qui a été descendu sur eux une miséricorde pour les croyants ainsi qu'un rappel. Tafsîr Tabari sourate 29.51.



Al-Qurtubî : "Il y a assurément là" = Il y a dans le Coran miséricorde. Tafsîr Qurtubi sourate 29.51.


Al-Jalalayn : "Il y a assurément là" = Il y a dans le livre. Tafsîr Jalalayn sourate 29.51.



Ainsi, le verset 29.51, où le mot "dhalika" s'applique au Coran et cet exemple démontre qu'il est infondé de dire que la sourate 2.2 ne peut pas concerner le Coran sous prétexte que le mot "dhalika" y est utilisé. Et le mot "dhalika" qui désigne le Coran a le même sens que "hadha". Voici une explication d'Ahmad Simozrag afin de clarifier la chose :

 


1-Le pronom démonstratif pour les objets rapprochés :


Singulier : Celui-ci (hada) celle-ci (hadihi)


Duel : Celui-ci (hada) celle-ci (hadihi)


Pluriel 
: Ceux-ci, celles-ci haoulaï    


2-Le pronom démonstratif pour les objets éloignés :


Singulier : Dalika, tilka  


Duel : ceux-là, celles-là (Danika, tanika)   


Pluriel : ceux-là, celles-ci oulaïka  (Cf Grammaire arabe de Amar Samb et Maurice Puech, les nouvelles éditions africaine, Dakar, 1978).            


L'arabe ne fait pas de distinction entre pronom administratif et adjectif démonstratif. Cependant le pronom administratif est considéré comme adjectif démonstratif quand il détermine un nom auquel il se rapporte, par exemple : celui-ci est un homme (hada rajulun). Cela étant la règle. Les ténors de la langue arabe, les linguistes, les lexicologues ont dit que la règle peut s'inverser de sorte que Hada s'emploie pour ce qui est éloigné et dhalika pour ce qui est proche. Nous disposons d'une foule d'exemple dans ce sens dans la poésie arabe. Dans un Hadîth connu sous le nom du Hadîth d'Umm Haram, le Prophète Muhammad, saws, employa Hada pour quelque chose d'éloigné : (yarkabouna thabaja hadha al-bahr, càd dhalika al bahr) « Ils prennent le large de cette mer ». (Cf. Tafsîr (commentaire) al-Qurtobi, Surate 2, verset 2)


Or, la signification du mot arabe ''dhalika al-kitâb'' est la suivante : ''Voici le Livre'' ou ''Ce Livre'' ou ''Tel est le Livre''. Ce mot fait référence au Saint Coran. Là, le mot dhalika est l'équivalent de ''hadha'' (Ceci, Voici le Livre, Ce Livre, ou Tel est le Livre) dans certains cas.


On peut trouver des exemples dans le Coran sur les différents emplois de ''dhalika''. Allah dit à Son sujet : (Dhalika A'limu l-ghaibi wa chahadati), « C'est le Connaisseur » ou « Tel est le Connaisseur des Mondes inconnus et visibles » s32 v6 ; (dhalikum Allahu Rabbukum fa'buduh) « Tel est Dieu, votre Seigneur ! Adorez-Le » s10 v3 ; (dhalikum Allahu Rabbi ) « Tel est Dieu, mon Seigneur ! » s42 v10 ; « (dhalikum hukmu Allahi yahkumu baynakum) « Tel est le jugement d'Allah par lequel Il juge entre vous » s60 v10 (Cf. Tafsîr al-Qurtubî, Surate 2, verset 2)


Un autre exemple avec ''tilka'' se rapportant à un nom féminin : (tilka ayatou'llahi natluha alaika bil-haq), ''Voici les versets d'Allah, que Nous te récitons en toute vérité'' s2 v252 ; (wa tilka hujjatuna), ''Tel est l'argument que Nous avons fournie à Abraham'' s6 v83


Lorsque le fait ou l'action est accompli(e), on peut le ou la désigner par ''dhalika'' ou ''tilka'', quand bien même il (elle) vient de s'accomplir.


Dans la poésie arabe, on trouve cette double signification du mot ''dhalika'', par exemple : le poète Khoufaf ibnu Noudbah a dit : (Taammal Khoufafan innani ana dhalika) ''Regarde Khoufaf, c'est moi dhalika », c'est-à-dire c'est moi ''hadha''. (Cf . Tafsîr al-Qurtubi, Surate 2, verset 2)


C'est ainsi que le mot ''dhalika'' du verset 2 de la Sourate 2 désigne le Saint Coran. Il s'agit du Coran entier comme il peut s'agir de la partie du Coran ou des versets révélés à la Mecque avant la révélation de la Sourate ''la Vache'' à Médine. (Explication de Maître Simozrag)

 


Donc, le mot "dhalika" a le même sens que "hadha" dans certains cas. Les exégètes confirment cette vue :



Dhalika
al Kitâb = hadha el Kitâb : C'est le livre = Ce livre. Voir Tafsîr, Sourate 2.2 ibn Kathîr, al-Tabari, al-Qurtubi, Jalalayn.



Une autre preuve que le mot "dhalika" peut vouloir dire "hadha" peut être trouvée dans le Coran. Voici un exemple où ces deux mots sont utilisés pour décrire le grand succès de celui qui entre au paradis :



4.13
Tels sont les ordres d'Allah. Et quiconque obéit à Allah et à Son messager, Il le fera entrer dans les Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement. Et voilà (dhalika) la grande réussite.



تِلْكَ حُدُودُ اللّهِ وَمَن يُطِعِ اللّهَ وَرَسُولَهُ يُدْخِلْهُ جَنَّاتٍ تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الأَنْهَارُ خَالِدِينَ فِيهَا وَذَلِكَ الْفَوْزُ الْعَظِيمُ


Tilka hudoodu Allahi waman yutiAAi Allaha warasoolahu yudkhilhu jannatin tajree min tahtiha al-anharu khalideena feeha wathalika alfawzu alAAatheemu

 


37.55-60
Alors il regardera d'en haut et il le verra en plein dans la Fournaise, et dira : «Par Allah ! Tu as bien failli causer ma perte ! Et sans le bienfait de mon Seigneur, j'aurais certainement été du nombre de ceux qu'on traîne [au supplice]. N'est-il pas vrai que nous ne mourrons que de notre première mort et que nous ne serons pas châtiés ? » C'est cela (hadha), certes, le grand succès.



إِنَّ هَذَا لَهُوَ الْفَوْزُ الْعَظِي


Inna hatha lahuwa alfawzu alAAatheemu


 

Aussi, si nous continuons la lecture de la sourate 37 nous trouvons que le grand succès du paradis qui était décrit avec le terme "hadha", est décrit deux versets plus bas avec "dhalika" :

 

37.62
Est-ce (dhalika) que ceci est meilleur comme séjour, ou l'arbre de Zaqqoum ?


أَذَلِكَ خَيْرٌ نُّزُلًا أَمْ شَجَرَةُ الزَّقُّومِ


Athalika khayrun nuzulan am shajaratu alzzaqqoomi



Ainsi, les deux termes "dhalika" et "hadha" peuvent être identiques. Maintenant relisons le verset 2.2 :

 


C'est le Livre au sujet duquel il n'y a aucun doute, c'est un guide pour les pieux.



Pour trancher définitivement et savoir de quel livre il s'agit, nous devons analyser les différentes descriptions des trois livres que Facealislam cite: le Coran et "la Thora/Evangile". Ces trois livres sont décrits comme étant des guides et des lumières (2.185; 5.44; 5.46). Mais quel est le livre dont la description correspond à celle du verset 2.2, à savoir un livre dans lequel il n'y aucun doute ? Il s'agit du Coran :



41.41-42
Ceux qui ne croient pas au Rappel [le Coran] quand il leur parvient... alors que c'est un Livre puissant [inattaquable]; Le faux ne l'atteint [d'aucune part], ni par devant ni par derrière : c'est une révélation émanant d'un Sage, Digne de louange.


4.82
Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ? S'il provenait d'un autre qu'Allah, ils y trouveraient certes maintes contradictions !


5.48

Et sur toi (Muhammad) Nous avons fait descendre le Livre avec la vérité, qui déclare véridique l'Ecriture qui était là avant lui et qui prévaut sur elle.


6.92
Voici un Livre (le Coran) béni que Nous avons fait descendre, confirmant ce qui existait déjà avant lui, afin que tu avertisses la Mère des Cités (la Mecque) et les gens tout autour. Ceux qui croient au Jour dernier, y croient et demeurent assidus dans leur Salat.


Sahîh Muslim, n° 2865

Le Prophète Muhammad (sws) a dit : "Mon Seigneur m'a ordonné de mettre la tribu de Quraych en alerte. Je lui ai répondu en disant: "Oh Seigneur! Je crains qu'ils me fendent la tête". Il m'a répliqué: "Je te mets à l'épreuve et J'éprouve par toi les autres, Je te révélerai un livre que l'eau ne pourra pas laver et que tu réciteras en éveil et en sommeil. Envoie donc tes soldats, J'envoierai leur double. Combats avec ceux qui t'ont obéi, ceux qui se sont montrés rebelles envers toi et fais la charité pour que Je te comble de Mes bienfaits"



Ainsi, ni la Thora ni l'Evangile, ni les feuillets de Moïse, d'Abraham et des Psaumes de David n'étant décrits de cette façon, cette description n'étant accordée qu'au Saint Coran, ce dernier est le seul qui correspond à un livre au sujet duquel il n'y a aucun doute.



2) A la lumière de ce qui a été vue précédemment, il n'y a plus de doute sur le fait que le livre décrit dans la Sourate 2.2 ne peut être que le Coran. Pour ce qui est des personnes citées (non pas nommément) par les exégètes pour avoir affirmées que le livre en question est la Thora et/ou l'Evangile, elles ont tout simplement soutenue une opinion erronée comme cela peut arriver puisque l'homme est sujet à l'erreur. Nous pouvons d'ailleurs faire de même avec les exégètes de la Bible et rapporter des opinions jugées erronées par les Chrétiens "orthodoxes":

 

Bible Annotée sur Jean 17.3 :


-Les sociniens ont abusé de ce passage, en particulier du qualificatif: seul vrai Dieu, appliqué au Père, pour en tirer des conclusions contre la divinité de Jésus-Christ. Ils oublient que si Celui qui se nomme ici même à côté de Dieu, qui déclare que le connaître est la vie éternelle, ne participait pas à la plénitude de la divinité, son langage ressemblerait grandement à un blasphème.


Ainsi on pourrait faire comme le fait Facealislam et recueillir des avis n'étant pas partagés par la majorité des chrétiens mais qui appuient notre opinion (à nous musulmans). Notons au passage que l'argument des commentateurs de la Bible Annotée pour réfuter les sociniens n'est pas pertinent et ne réfute pas la juste perception de ceux-ci, puisque les musulmans, par exemple, croient en Dieu et en Muhammad (sws) pour avoir la vie éternelle, or ceci ne signifie pas dans leurs esprits que Muhammad (sws) est Dieu. Il y a un manque de logique flagrant dans l'argumentaire des commentateurs de la B. Annotée.



01/08/2008
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