Le lévirat





Le lévirat est un mariage qui oblige une veuve à épouser le frère du défunt lorsque ce dernier n'a pas d'enfants. Ce type de mariage était pratiqué durant l'antiquité, son but était de poursuivre la lignée du défunt. Cette pratique est considéré comme une injustice envers la femme.


Le lévirat est dénoncé comme étant une pratique rétrograde, limitant les droits des femmes et maintenant l'idée qu'« une veuve fait partie de l'héritage »

http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9virat



Ce qui est étonnant c'est que cette pratique se trouve dans la Bible :

Deutéronome 25
Lorsque des frères demeureront ensemble, et que l'un d'eux mourra sans laisser de fils, la femme du défunt ne se mariera point au dehors avec un étranger, mais son beau–frère ira vers elle, la prendra pour femme, et l'épousera comme beau–frère.
6  Le premier–né qu'elle enfantera succédera au frère mort et portera son nom, afin que ce nom ne soit pas effacé d'Israël.
7  Si cet homme ne veut pas prendre sa belle–soeur, elle montera à la porte vers les anciens, et dira: Mon beau–frère refuse de relever en Israël le nom de son frère, il ne veut pas m'épouser par droit de beau–frère.
8  Les anciens de la ville l'appelleront, et lui parleront. S'il persiste, et dit: Je ne veux pas la prendre,
9  alors sa belle–soeur s'approchera de lui en présence des anciens, lui ôtera son soulier du pied, et lui crachera au visage. Et prenant la parole, elle dira: Ainsi sera fait à l'homme qui ne relève pas la maison de son frère.
10 Et sa maison sera appelée en Israël la maison du déchaussé.


Ainsi selon la Bible la femme dont le mari meurt sans laisser d'enfants ne pourra pas se remarier avec un homme de son choix, mais sera tenu d'épouser le frère du défunt, ceci afin que le nom de son mari ne disparaisse pas.

Le dictionnaire de Bost :

Lévirat. Le mot ne se trouve pas dans l'Écriture, mais la chose s'y trouve.
Levir, en latin, signifie le frère du mari, (lege vir, comme en anglais in law, désigne les parentés acquises par le mariage), et ce nom a été donné à la loi de Moïse qui OBLIGEAIT un frère à épouser la veuve de son frère mort sans enfants, de telle sorte que l'aîné des enfants qui naîtraient de cette union nouvelle hérite des biens et du nom du défunt. {#De 25:5-10 Mr 12:18 et suivants}. Dictionnaire de la Bible de Jean Augustin Bost, définition de Lévirat.




Remarquons que si le frère ne pouvait pas se marier avec la femme, alors c'est succéssivement au parent le plus proche d'épouser la femme du mari mort :

Ruth 4:10 
et que je me suis également acquis pour femme Ruth la Moabite, femme de Machlon, pour relever le nom du défunt dans son héritage, et afin que le nom du défunt ne soit point retranché d'entre ses frères et de la porte de son lieu. Vous en êtes témoins aujourd'hui!


Le dictionnaire de Calmet :

L'exemple de Ruth, qui épousa Booz, parent de son mari, est une preuve de la pratique des Israélites du temps des Juges. {#Ru 4:1-3} Booz n'était ni le père, ni même le plus proche parent d'Elimélech, beau-père de Ruth, épouse de Mahalon, et cependant il l'épouse, au refus de celui qui était le plus proche parent. Dictionnaire de la Bible de Dom Augustin Calmet, définition de Levirat.


La Bible Annotée :

Demeurent ensemble, dans le voisinage l'un de l'autre. S'ils demeuraient à une grande distance l'un de l'autre, l'application de cette loi deviendrait très difficile, puisque le frère du défunt a à veiller sur le patrimoine de la famille dont il devient le protecteur. {#Ru 4:3-4}. Son beau-frère, ou à son défaut le parent le plus rapproché. {#Ru 4:4}. Commentaire de la Bible Annotée sur Deutéronome 25.5.


Saint Augustin dit :

XLVI. ([b. XXV, 5.) 1. De la loi sur le Lévirat
Au reste, à défaut du frère, le parent le plus proche épousait la femme de l'Israëlite décédé sans enfants, afin de lui susciter une postérité : c'est ainsi que Booz épousa Ruth, afin de susciter des enfants à un proche parent, dont elle avait été la femme, sans avoir eu de lui des enfants; le fils qui naquit d'elle fut admis au nom du défunt, puisqu'on l'appela son fils; et ainsi la mémoire du défunt ne périt point en Israël, quoique l'enfant n'ait point porté son nom.
QUESTIONS SUR L' HEPTATEUQUE. LIVRE CINQUIÈME. QUESTIONS SUR LE DEUTÉRONOME.

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/questions/deuteronome.htm



Ainsi la femme dont le mari meurt sans avoir eu d'enfants est condamné a se marier avec le frère de son mari, sinon avec un autre parent proche, et ainsi de suite.

Mais supposons qu'une femme se mari avec un homme qui a plusieurs frère. Son mari meurt sans avoir eu d'enfants, donc elle devra se marier avec un de ses frères. Si son nouveau mari meurt sans laisser d'enfants, elle devra encore se marier avec un des autres frères, et ainsi de suite. Ce cas est déjà arrivé et est cité dans la Bible :

Genèse 38
1  En ce temps–là, Juda s’éloigna de ses frères, et se retira vers un homme d’Adullam, nommé Hira.
2  Là, Juda vit la fille d’un Cananéen, nommé Schua; il la prit pour femme, et alla vers elle.
3  Elle devint enceinte, et enfanta un fils, qu’elle appela Er.
4  Elle devint encore enceinte, et enfanta un fils, qu’elle appela Onan.
5  Elle enfanta de nouveau un fils, qu’elle appela Schéla; Juda était à Czib quand elle l’enfanta.
6  Juda prit pour Er, son premier–né, une femme nommée Tamar.
7  Er, premier–né de Juda, était méchant aux yeux de l’Eternel; et l’Eternel le fit mourir.
8  Alors Juda dit à Onan: Va vers la femme de ton frère, prends–la, comme beau–frère, et suscite une postérité à ton frère.
Onan, sachant que cette postérité ne serait pas à lui, se souillait à terre lorsqu’il allait vers la femme de son frère, afin de ne pas donner de postérité à son frère.
10 Ce qu’il faisait déplut à l’Eternel, qui le fit aussi mourir.
11 Alors Juda dit à Tamar, sa belle–fille: Demeure veuve dans la maison de ton père, jusqu’à ce que Schéla, mon fils, soit grand. Il parlait ainsi dans la crainte que Schéla ne mourût comme ses frères. Tamar s’en alla, et elle habita dans la maison de son père.


Ici, Juda ordonne à Tamar d'épouser les frères de son mari qui est mort sans laisser d'enfant. Il est même dit que Dieu a punit Onan car il a refusé de donner une descendance à Tamar.

Il existe aussi un autre cas cité dans la Bible. Il est rapporté dans les Evangiles que les sadducéens ont présenté à Jésus le cas d'une femme qui a épousé 7 frères :

Marc 12
18 Les sadducéens, qui disent qu'il n'y a point de résurrection, vinrent auprès de Jésus, et lui firent cette question:
19 Maître, voici ce que Moïse nous a prescrit: Si le frère de quelqu'un meurt, et laisse une femme, sans avoir d'enfants, son frère épousera sa veuve, et suscitera une postérité à son frère.
20 Or, il y avait sept frères. Le premier se maria, et mourut sans laisser de postérité.
21 Le second prit la veuve pour femme, et mourut sans laisser de postérité. Il en fut de même du troisième,
22 et aucun des sept ne laissa de postérité. Après eux tous, la femme mourut aussi.
23 A la résurrection, duquel d'entre eux sera–t–elle la femme? Car les sept l'ont eue pour femme.
24 Jésus leur répondit: N'êtes–vous pas dans l'erreur, parce que vous ne comprenez ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu?
25 Car, à la résurrection des morts, les hommes ne prendront point de femmes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges dans les cieux.
26 Pour ce qui est de la résurrection des morts, n'avez–vous pas lu, dans le livre de Moïse, ce que Dieu lui dit, à propos du buisson: Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob?
27 Dieu n'est pas Dieu des morts, mais des vivants. Vous êtes grandement dans l'erreur.

Voir aussi Matthieu 22.23-30 et Luc 20.27-36.


Des commentateurs chrétiens tel que Thomas d'Aquin ignorent si cette histoire était réel ou bien si c'était une invention de la part des sadducéens. Supposons que cette histoire était fictive, alors Jésus qui est Dieu selon les chrétiens, aurait pu le savoir et leur aurait fait reproche. Or Jésus n'a pas contesté cette loi, ni même le fait qu'elle puisse s'appliquer sur une femme et sept frères. Ce qui signifie que même si cette histoire était une invention, ce cas pouvait quand même bien se produire et rien ne l'interdirait.



Ainsi, nous avons vu que la loi du lévirat était une injustice envers la femme, car elle l'oblige à se marier avec le frère du mari s'il meurt sans laisser d'enfants, et à défaut du frère, c'est le parent le plus proche et ainsi de suite. Tant que la le mari n'aura pas eu d'enfants, sa femme sera tenu d'épouser un homme de sa famille pour avoir des enfants, ceci afin que la ligné du défunt ne s'efface pas.






22/06/2010
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